J’aimerais m’inscrire en faux contre une idée un peu trop répandue dans le grand public comme quoi les journalistes sont des imposteurs, des personnes sans foi ni loi, superficiels tout au plus méprisables. Une émission de France 2 du début d'année 2008 a laissé entendre que les téléspectateurs méprisaient les membres de cette profession à une majorité écrasante. Il est vrai que les journalistes présents sur le plateau ne faisaient rien pour redresser l'estime de cette profession tristement honnie. Une seule moralité : pour un scoop, tous les coups sont permis. Pourtant, cette méfiance du public envers les médias n'est pas salutaire pour la démocratie.
Certes la récente campagne de presse vis-à-vis de la scientologie apparaît comme une démonstration de crétinerie assumée et revendiquée. Parfois, les mensonges publiés relèvent de l'infâmie telle cette affirmation comme quoi Hubbard aurait déclaré que pour devenir millionnaire il faut fonder une religion, alors que, comme le prouve ce document, cette citation provient d'un livre de George Orwell.
En tout cas, nous avons avec la scientologie un mouvement qui multiplie à foisons les bienfaits : personnes sauvées de la drogue, illettrés qui apprennent à lire, prisonniers réhabilités… Le journaliste qui voudrait bien A PEINE fouiller va se retrouver enseveli sous les succès méritoires de la scientologie. Ils explosent au visage comme bombardé par des paquets de confettis devant une soufflerie. L’on ne compte plus les personnages officiels qui rendent hommage à Ron Hubbard et au dévouement des scientologues : au Mexique, en Israël, en Indonésie...
l existe toutefois une race de reporter, qui pour sa part, a ceci de particulier : il repère le seul grain de sable marron au milieu des millions de grains de coulère sur la plage et lui tendre le micro : « Alors, la faute à qui si vous êtes brun ? ».
Pardonnons à ces scribes plus ignares que vils. Et gardons nous de nous lancer dans l’amalgame. De même que les psychiatres ne sont pas tous des obsédés sexuels, que les chasseurs ne sont pas tous des alcooliques en liberté non surveillée, les journalistes ne sont pas tous des enfoirés. Certes certains d’entre eux sont de tristes serviles qui obéissent aux ordres d’une rédaction elle-même au garde à vous devant ses financiers. Mais ce n’est pas le cas de tous.
Il existe des journalistes qui sont des êtres impartiaux, qui cherchent à voir par eux-mêmes et donnent la parole à toutes les parties concernés. Il en existe et ils sont l’honneur de cette profession.